Ituri–Mambasa : 15 morts dans une nouvelle attaque des ADF, le drame oublié qui continue de saigner la RDC
Une nouvelle tragédie vient de frapper l’Est de la République démocratique du Congo. Dans le groupement de Mambasa, en province de l’Ituri, le bilan de l’attaque attribuée aux rebelles des ADF s’est alourdi à au moins 15 morts. Une fois de plus, des familles entières ont été frappées dans une région où les massacres se succèdent presque dans l’indifférence générale.
Alors que l’attention nationale et internationale se concentre souvent sur d’autres crises sécuritaires dans l’Est du pays, les populations de Beni, Irumu, Mambasa ou encore Lubero continuent de vivre sous la menace permanente des Allied Democratic Forces. Ces attaques sont généralement caractérisées par une extrême brutalité : assassinats à la machette, enlèvements, incendies de maisons et déplacements massifs des populations civiles.
Présents dans l’Est congolais depuis les années 1990, les ADF étaient au départ une rébellion ougandaise avant de devenir l’un des groupes armés les plus meurtriers de la région. Au fil des années, leurs violences se sont étendues du territoire de Beni vers l’Ituri et d’autres zones voisines. Malgré les opérations militaires conjointes entre les FARDC et l’armée ougandaise, les massacres continuent de faire des victimes civiles presque chaque semaine.
Le bilan humain des dix dernières années reste effroyable. Selon plusieurs organisations locales et centres de recherche spécialisés dans le suivi des violences, les massacres attribués aux ADF auraient causé entre 12 000 et 17 000 morts depuis 2014 dans l’Est de la RDC. Certaines estimations évoquent également des milliers de personnes disparues, des villages entièrement vidés de leurs habitants et des centaines de milliers de déplacés internes.
Des rapports d’organisations internationales comme Amnesty International qualifient plusieurs exactions des ADF de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. Ces rapports documentent des cas d’exécutions massives, d’enrôlement forcé d’enfants, de violences sexuelles et d’attaques ciblant directement les civils.
À force de répétition, ces massacres semblent parfois devenir de simples statistiques dans l’actualité congolaise. Pourtant, derrière chaque bilan se cachent des familles détruites, des enfants orphelins et des communautés plongées dans une peur permanente. L’attaque de Mambasa rappelle que, loin des caméras et des grandes déclarations politiques, une partie de la RDC continue de mourir dans le silence.
Lecture de Séraphin Mongane ✍️
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