Fraîchement replacé au centre de l'attention judiciaire, l'opposant Barnabé Milinganyo a choisi l'ironie et la carte de la victimisation politique pour commenter ses démêlés récurrents avec le pouvoir. Selon des déclarations parvenues depuis son lieu de détention, il affirme sans détour que ses arrestations successives par le régime de Félix Tshisekedi ne découlent d'aucune infraction légale, mais plutôt d'un déficit d'affinités personnelles. Pour lui, sa position d'outsider radical fait de lui une cible privilégiée, contrairement à d'autres figures de la contestation qui bénéficieraient d'une relative clémence.
Pour appuyer sa thèse d'une justice politique à géographie variable, Barnabé Milinganyo n'hésite pas à citer des noms bien connus de la scène publique congolaise. Il s'interroge ouvertement sur le fait que des leaders comme Martin Fayulu ou Delly Sesanga, bien que très critiques envers la gouvernance actuelle, ne fassent jamais l'objet d'incarcérations similaires. Selon ses propres termes, cette immunité de fait s'expliquerait par des liens de camaraderie historiques, forgés à l'époque où tous ces acteurs combattaient ensemble dans les rangs de l'ancienne opposition.
Cette grille de lecture cherche à discréditer l'appareil judiciaire en le présentant comme un outil de règlement de comptes purement personnel. En traçant une ligne de démarcation entre les « amis » d'enfance politique du chef de l'État et les autres, l'opposant tente de démontrer que le pouvoir en place tolère une opposition choisie et institutionnelle, tout en réprimant sévèrement les voix qu'il considère comme extérieures à son cercle historique. Une stratégie de communication visant à transformer son cas personnel en un symbole de discrimination politique.
Du côté des observateurs et des partisans de la majorité, ces déclarations sont accueillies avec beaucoup de scepticisme et perçues comme une tentative de diversion. Les proches du pouvoir rappellent régulièrement que les poursuites judiciaires ne se fondent pas sur les relations amicales du président, mais bien sur la nature des propos tenus publiquement, notamment lorsque ceux-ci menacent la sûreté de l'État ou incitent à la sédition. Pour eux, comparer les sorties mûrement politiques de Fayulu ou Sesanga avec les déclarations jugées subversives de Milinganyo relève d'un amalgame grossier.
Quoi qu'il en soit, cette sortie médiatique de Barnabé Milinganyo jette une lumière crue sur les fractures de la classe politique congolaise et le sentiment d'injustice ressenti par une partie de la dissidence. En se positionnant comme le véritable opposant non aligné et persécuté, il tente de consolider son capital de sympathie auprès de la population. Ce pavé dans la mare relance le débat permanent en République Démocratique du Congo sur les limites de la liberté d'expression et l'indépendance réelle du pouvoir judiciaire face au pouvoir exéc
utif.
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