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Politique

L’appel de Mbuji-Mayi : Marie-Thérèse Sombo place l’élite universitaire au cœur du débat constitutionnel

Par Rédaction Jambo
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Le débat national autour de la révision ou du changement de la Constitution en République Démocratique du Congo franchit les portes des amphithéâtres pour s'inviter officiellement dans les laboratoires de recherche. À l’occasion de l’ouverture du premier Congrès scientifique de l’Université Officielle de Mbuji-Mayi (UOM), la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo, a lancé un plaidoyer vibrant à l'endroit de l'élite intellectuelle du pays. En invitant formellement les universitaires à se saisir de cette question cruciale, la ministre tente de déplacer les discussions du terrain purement politicien et passionnel de la rue vers celui de la rationalité scientifique et de la réflexion prospective.

Pour le gouvernement, l'objectif affiché est d'adapter la loi fondamentale, héritée des accords post-conflit de 2006, aux réalités, aux défis et aux ambitions de la RDC du troisième millénaire. Marie-Thérèse Sombo a insisté sur le fait que les universités et les centres de recherche ne peuvent rester de simples spectateurs des mutations institutionnelles de la nation. Ils doivent, au contraire, jouer un rôle d’éclaireur et de laboratoire d'idées, en analysant scientifiquement les forces et les faiblesses de l'actuel texte juridique afin de proposer des réformes capables de bâtir un État plus moderne, plus performant et résolument stable.

Consciente des tensions et des suspicions que suscite ce projet au sein de l'opinion publique et de la société civile, la ministre de l'ESU a tenu à désamorcer toute velléité de passage en force en insistant sur le caractère inclusif et participatif de la démarche. Sa déclaration se veut rassurante et solennelle : « Cette révision ne se fera ni contre les universités, ni contre les étudiants, ni contre les enseignants. Elle se construira avec vous ». Par ces mots, elle cherche à créer un climat de confiance réciproque, garantissant que la communauté scientifique sera un acteur co-auteur des réformes et non une simple chambre d'enregistrement.

Cette offensive de charme en milieu académique revêt une importance stratégique majeure pour le pouvoir en place. Historiquement, le monde estudiantin et le corps professoral congolais ont toujours constitué des forces d'opinion redoutables, capables de faire basculer les dynamiques politiques. En incitant les professeurs, les chercheurs et les étudiants à s'impliquer de manière constructive dans les panels et les ateliers, la ministre Sombo espère légitimer le processus par une caution intellectuelle indiscutable, tout en canalisant l'énergie de la jeunesse universitaire vers des contributions écrites et des débats structurés.

Le grand défi de cette démarche réside désormais dans la capacité des institutions universitaires à préserver leur indépendance d'esprit et leur rigueur scientifique face aux pressions politiques contradictoires. Alors que l'opposition et certains mouvements citoyens qualifient toute velléité de touche à la Constitution de dérive démocratique, les universités devront s'efforcer d'offrir des espaces de discussion véritablement pluralistes. Le succès de cet appel se mesurera à la qualité des propositions doctrinales qui sortiront de ces assises, démontrant si l'université congolaise peut s'affirmer comme le véritable moteur de la refondation républicaine.

En fin de compte, la sortie de la Ministre Marie-Thérèse Sombo à Mbuji-Mayi pose les jalons d'une institutionnalisation du débat constitutionnel à l'échelle nationale. En liant l'avenir des textes fondamentaux au génie de la communauté scientifique, le ministère de l'ESU tente d'élever le niveau du débat public. Il reste à voir comment les autres universités du pays, de Kinshasa à Kisangani en passant par Bukavu et Lubumbashi, répondront à cette invitation à redessiner l'architecture juridique de la République Démocratique du

Congo.


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