Macron et le Mali : entre regrets français et réalité d’un Sahel en crise
Le président français Emmanuel Macron a estimé que le départ forcé de la France du Mali n’avait pas été « la meilleure décision » pour Bamako, dans un contexte d’aggravation spectaculaire de l’insécurité au Sahel. Depuis Nairobi, où il participait au sommet Africa Forward, le chef de l’État français a affirmé que Paris était parti « sans rancune », rappelant que cette rupture avait été imposée par les autorités de transition maliennes dirigées par Assimi Goïta.
Cette déclaration intervient alors que le Mali traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Malgré le départ de l’opération française Opération Barkhane et l’arrivée des mercenaires russes de Africa Corps, les attaques jihadistes se sont intensifiées. Les offensives menées par le JNIM et les rebelles du FLA ont même atteint la capitale Bamako, illustrant l’effondrement progressif du dispositif sécuritaire dans plusieurs régions du pays.
À travers cette sortie médiatique, Emmanuel Macron tente également de redéfinir la présence française en Afrique. En reconnaissant implicitement les limites de la stratégie menée au Sahel, tout en pointant les choix de la junte malienne, Paris cherche désormais à tourner la page du « pré carré » francophone traditionnel. Le symbole est fort : ce discours a été prononcé au Kenya, partenaire anglophone considéré comme stratégique dans la nouvelle politique africaine de la France.
Mais au-delà des rivalités géopolitiques entre Paris et Moscou, ce sont surtout les populations sahéliennes qui paient le prix de cette instabilité prolongée. Entre terrorisme, déplacements massifs, pénuries et tensions politiques, le Mali apparaît aujourd’hui comme le miroir des fragilités sécuritaires qui menacent l’ensemble du Sahel.
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