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Religion et spiritualité

Martyr de la charité au Soudan : Le père Youhanna Al-Amin assassiné dans les monts Nouba

Par Rédaction Jambo
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La tragédie soudanaise vient de frapper de plein fouet l'Église locale. Dans un communiqué officiel publié le 21 juin 2026, l’organisation internationale Aide à l’Église en Détresse (AED) a révélé l’assassinat du père Youhanna Al-Amin, curé de la paroisse Saint-Vincent à Kauda. Ce drame illustre une nouvelle fois le prix exorbitant que paient les civils et les religieux au cœur d'un conflit qui ne cesse de se déshumaniser.

Selon les informations rapportées par l'organisation, le prêtre a payé de sa vie son intégrité et son amour pour son prochain. Il a été froidement abattu après avoir courageusement dénoncé, au sein même de son église, le vol de cargaisons de médicaments initialement destinés à soulager la population locale privée de tout. Un acte de dénonciation prophétique qui s'est transformé en arrêt de mort face à la barbarie des pilleurs.

Le drame s'est noué dans la région hautement stratégique des monts Nouba, une zone en proie à des tensions croissantes et à de violents conflits internes entre diverses factions armées. Face à l'insécurité chronique, de nombreux religieux avaient pris la décision de fuir. Le père Youhanna Al-Amin avait, lui, choisi de rester, devenant selon l'AED « l’un des rares prêtres à exercer encore son ministère dans cette région profondément touchée par la violence », refusant d'abandonner ses ouailles.

> **Une crise humanitaire sans précédent :** La guerre civile au Soudan fait rage depuis un peu plus de trois ans, opposant les Forces armées soudanaises (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF) depuis le coup d’État du 15 avril 2023. Le bilan est effroyable : près de 400 000 morts et plus de 11 millions de déplacés.

Cette guerre de pouvoir fratricide a plongé le Soudan dans l'une des pires crises humanitaires et sécuritaires de l'histoire moderne. Au-delà des lignes de front officielles, l'anarchie s'est installée dans les provinces reculées, laissant le champ libre à des groupes criminels et à des milices incontrôlées qui ciblent désormais de manière systématique les infrastructures de base, y compris les structures humanitaires et sanitaires.

Interrogé par l’ONG *Portes Ouvertes*, Rafat Samir, un responsable d’église soudanais, tire la sonnette d'alarme sur l'extension des violences. Selon lui, « de plus en plus de zones sont touchées par les conflits », et les églises ne sont plus du tout épargnées. Bien au contraire, certains groupes armés cherchent désormais à s’accaparer les bâtiments ecclésiastiques pour s'en servir de bases ou de caches, piétinant au passage le caractère sacré de ces lieux de paix.


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