Le bras de fer politique autour du projet de révision de la loi fondamentale en République Démocratique du Congo franchit un palier décisif à l'approche des grandes manœuvres de l'opposition. D'un ton particulièrement ferme et déterminé, Moïse Katumbi Chapwe a officiellement apporté son soutien indéfectible à la journée ville morte décrétée pour ce mercredi 3 juin 2026 sur toute l'étendue du territoire national. Dans un message vidéo largement relayé sur les plateformes numériques, le président du parti Ensemble pour la République est sorti de sa réserve pour exhorter la population, les forces vives de la nation et la société civile à respecter scrupuleusement ce mot d'ordre de boycott et de paralysie des activités, destiné à faire barrage à ce que l'opposition qualifie de dérive autoritaire et de tentative de confiscation du pouvoir par le régime en place.
Au-delà de l'appel à la résistance civile, l'ancien gouverneur du Katanga a profité de cette tribune pour démonter la rhétorique diplomatique de la majorité présidentielle en lançant une formule piquante et sans équivoque : « Les Américains n'ont pas dit que la Constitution doit être changée. » Cette déclaration, loin d'être anodine, est perçue par de nombreux analystes comme une critique directe et cinglante des arguments avancés par les tenants du pouvoir, qui tentent subtilement de faire croire à l'opinion publique que les réformes institutionnelles en cours bénéficieraient d'un certain aval ou d'un soutien bienveillant des chancelleries occidentales, notamment de Washington. En recadrant le débat sur le plan international, Katumbi tente d'isoler politiquement le pouvoir et de fragiliser sa stratégie de communication.
Cette sortie médiatique au vitriol installe un climat de haute tension à travers le pays à quelques heures de cette journée de contestation, qui s'annonce comme un véritable test de popularité pour l'opposition et un thermomètre du mécontentement populaire. En appelant à une paralysie totale des villes, Moïse Katumbi et ses pairs de la coalition anti-révision cherchent à envoyer un signal fort et mesurable à Kinshasa ainsi qu'aux partenaires internationaux de la RDC. Du côté du pouvoir, on observe une veille stratégique face à ce mot d'ordre, alors que les forces de l'ordre sont traditionnellement mobilisées pour garantir la liberté de circulation. Le succès ou l'échec de cette journée ville morte du 3 juin déterminera sans nul doute le rapport de force politique pour les semaines à venir, dans un débat constitutionnel qui cristallise toutes les passions nationa
les.
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