En République Démocratique du Congo, la crise constitutionnelle aurait trouvé en Moïse Katumbi l'un de ses opposants les plus déterminés. Depuis son exil, le président d'Ensemble pour la République multiplierait les initiatives pour contrer le projet de référendum de Félix Tshisekedi, tout en préparant son retour politique en vue des élections de 2028.
Un "coup d'État institutionnel" selon Katumbi
Dès le 8 mai 2026, au lendemain de la conférence de presse du chef de l'État sur la révision constitutionnelle, le parti Ensemble pour la République aurait réagi avec virulence. Selon Actualite.cd, le mouvement de Katumbi accuserait Tshisekedi de rompre son serment constitutionnel.
« Le régime de Monsieur Félix Tshisekedi ne propose pas une réforme : il organise un coup d'État institutionnel. Il est établi que la Constitution n'a pas trahi le Congo. Ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution », aurait déclaré le parti dans une déclaration politique.
Ensemble pour la République rappellerait également que la Constitution de 2006 a été adoptée par référendum à 85%, estimant que l'invocation d'un nouveau référendum ne serait pas l'expression de la souveraineté populaire, mais une tentative de contourner ce que cette même souveraineté aurait déjà décidé.
Katumbi appelle à la "ville morte"
Le 3 juin 2026, Moïse Katumbi aurait franchi un cap supplémentaire en lançant depuis son exil un appel à une journée ville morte, via une vidéo en lingala largement diffusée. Selon Congo Quotidien, l'opposant aurait dressé un bilan sévère du régime Tshisekedi.
« Papas, mamans, mes jeunes frères, nous refusons le changement de constitution. Le 3 juin, restons tous à la maison. C'est une journée ville morte. Nous devons leur montrer qu'ils n'ont fait que détourner les fonds de l'État », aurait-il lancé.
Dans ce même message, Katumbi aurait exhorté les forces de l'ordre à ne pas réprimer les manifestants, leur rappelant leur mission constitutionnelle de protection des civils.
Le boycott parlementaire
Sur le plan institutionnel, le groupe Ensemble pour la République aurait décidé de suspendre sa participation aux plénières consacrées à l'examen de la proposition de loi sur les conditions d'organisation du référendum, selon Jeune Afrique. Un boycott symbolique destiné à dénoncer ce que le parti qualifierait de passage en force de la majorité présidentielle.
"Aucun glissement ne sera toléré"
Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi, aurait prononcé un réquisitoire particulièrement ferme selon Congo Quotidien. « Nous n'accepterons aucun glissement et nous ne tolérerons aucune révision. Monsieur Félix Tshisekedi doit comprendre qu'il arrive au terme de son dernier mandat. En 2028, une nouvelle ère va s'ouvrir », aurait-il martelé.
Le camp Katumbi rappellerait également que l'article 220 de la Constitution fixe de manière intangible le nombre et la durée des mandats présidentiels, et que toute tentative de le modifier par référendum reviendrait à « piétiner une volonté déjà exprimée clairement lors de précédents scrutins ».
La stratégie pour 2028
Derrière l'opposition au référendum se dessinerait une stratégie politique claire pour Moïse Katumbi. En se positionnant comme le principal rempart contre ce qu'il qualifie de dérive autoritaire, le milliardaire katangais chercherait à consolider sa base électorale et à se poser en candidat naturel de l'opposition pour la présidentielle de 2028.
Son parti travaillerait à la construction d'un "Front républicain de résistance", regroupant les différentes forces opposées au référendum. Une convergence qui l'aurait amené à coordonner ses actions avec d'autres figures de l'opposition comme Jean-Marc Kabund et Martin Fayulu, malgré leurs divergences passées.
Un exil qui dure
Contraint à l'exil depuis plusieurs années, Katumbi continuerait de peser sur la politique congolaise depuis l'étranger. Sa capacité à mobiliser depuis l'extérieur du pays — comme lors de la journée ville morte du 3 juin — démontrerait que son influence resterait intacte malgré l'éloignement.
La question de son retour en RDC, préalable indispensable à toute candidature en 2028, resterait posée. Un retour qui dépendrait en grande partie de l'évolution du rapport de force politique entre l'opposition et le pouvoir en place.
Jambo News Channel suivra de près les développements politiques liés au référendum et vous tiendra informés de toute évolution.
SOURCES :
- Actualite.cd
- Congo Quotidien — congoquotidien.com
- Jeune Afrique — jeuneafrique.com
- Radio Okapi — radiookapi.net
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