Compagnon loyal d'Étienne Tshisekedi père, emprisonné aujourd'hui à Makala par le fils — pour avoir osé critiquer.
Ancien compagnon d'Étienne Tshisekedi
Détenu — Prison de Makala, Kinshasa
Enlevé puis transféré aux geôles de la CNS avant d'être conduit à Makala, où son état de santé inspire les pires craintes.
Il fut l'un des piliers du combat démocratique mené par l'UDPS sous Étienne Tshisekedi. Compagnon de lutte, homme de conviction, Norbert Luyeye a consacré des décennies à la cause que portait le père de l'actuel Président. Aujourd'hui, ce même fils le tient derrière les barreaux d'une prison réputée pour ses conditions inhumaines.
Conseil National de Cybercriminalité
État de santé critique
Critiques du régime Tshisekedi
Un enlèvement, puis les ténèbres de la CNS
L'arrestation de Norbert Luyeye n'a pas eu les apparences d'une procédure judiciaire ordinaire. Il n'y a pas eu de convocation, pas de mandat présenté en bonne et due forme. Il y a eu un enlèvement — brutal, silencieux, dans la nuit congolaise. Des hommes sont venus. Luyeye a disparu.
Sa première destination : les cachots de la CNS — le Conseil National de Cybercriminalité, institution dont le nom suffit à désigner le prétexte retenu. Dans ce pays où la parole libre sur les réseaux sociaux est devenue un délit à géométrie variable, critiquer le pouvoir en ligne équivaut à une menace contre l'État. Norbert Luyeye avait osé. Il allait payer.
En RDC, la liberté d'expression ne s'arrête pas là où commence la loi — elle s'arrête là où commence l'inconfort du prince.
Makala : mourir à petit feu
De la CNS, il fut transféré à la prison centrale de Makala — un établissement tristement célèbre dans tout le pays pour la surpopulation, le manque de soins, les conditions sanitaires désastreuses. Une prison où l'on n'attend pas la sentence : on purge l'injustice en silence, loin des regards.
Aujourd'hui, selon des sources proches de sa famille et de ses proches, Norbert Luyeye se trouve entre la vie et la mort. Son état de santé se détériore. Les soins médicaux sont insuffisants — ou refusés. Chaque jour qui passe aggrave une situation que ses défenseurs qualifient d'exécution à retardement.
Norbert Luyeye milite aux côtés d'Étienne Tshisekedi, fondateur de l'UDPS, fer de lance de l'opposition congolaise pendant 37 ans.
Déçu par la gouvernance du fils, Luyeye exprime publiquement ses critiques envers le régime Tshisekedi fils. Il parle. Il devient une cible.
Norbert Luyeye est enlevé et conduit malgré lui dans les cachots de la CNS, sans procédure transparente ni garanties judiciaires.
Transféré à Makala, son état de santé est jugé critique. Ses proches et défenseurs des droits humains tirent la sonnette d'alarme.
Un fils contre les amis de son père
Il y a dans cette affaire quelque chose qui dépasse le politique. Quelque chose qui touche à la mémoire, à la loyauté, à ce que les Africains appellent le respect des anciens — et des compagnons de combat des anciens.
Norbert Luyeye n'était pas un ennemi de la famille Tshisekedi. Il était un ami — un de ceux qui ont marché à côté d'Étienne, qui ont souffert pour la même cause, qui ont porté le même rêve de démocratie pour ce grand pays blessé. Et c'est le fils de cet homme-là qui l'envoie à Makala.
Comment un enfant peut-il cracher sur les amis de son père, sans s'attirer la malédiction ? En Afrique, trahir les compagnons de ses ancêtres, c'est rompre avec l'invisible qui nous tient.
La question n'est pas rhétorique. Elle est profondément culturelle, spirituelle. Dans la tradition africaine, les amis de ton père sont une extension de ton père. Les honorer, c'est honorer sa mémoire. Les piétiner, c'est profaner sa tombe.
La voix des anciens ne se muselle pas
Étienne Tshisekedi a passé des décennies à se battre pour que les Congolais puissent parler librement, critiquer sans risquer leur vie, opposer leurs idées sans finir en cachot. Si son fils emprisonne ceux qui critiquent son gouvernement, il bâtit son pouvoir sur la tombe idéologique de son propre père. L'histoire — et les esprits — ne l'oublieront pas.
Un appel à la conscience
L'affaire Norbert Luyeye n'est pas simplement un fait divers judiciaire. C'est un symptôme. Un symptôme d'un régime qui, pressé par ses contradictions, choisit de faire taire plutôt que d'écouter. Un régime qui, né du combat contre l'arbitraire, reproduit aujourd'hui l'arbitraire qu'il promettait d'abolir.
Des voix s'élèvent — famille, juristes, défenseurs des droits humains — pour réclamer la libération immédiate de Norbert Luyeye et l'accès aux soins médicaux dont son état a urgemment besoin. Car si cet homme venait à mourir dans les geôles de Makala, ce serait plus qu'un homme que la RDC perdrait. Ce serait un morceau de sa propre mémoire démocratique.
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