RDC : Après les propos de Tshisekedi à Houston, Richard Muyej sort du silence et dénonce une « dérive de gouvernance »
La violente charge verbale du Président Félix Tshisekedi à Houston, qualifiant implicitement son prédécesseur Joseph Kabila de « chien manipulé », n'a pas tardé à provoquer une onde de choc au sein de la classe politique congolaise. Parmi les premières réactions de premier plan, celle de l'ancien ministre de l'Intérieur et gouverneur honoraire du Lualaba, Richard Muyej Mangez Mans. Sortant de sa réserve, ce cadre de l'ancien régime a vivement réagi sur son compte X, exprimant son indignation face à des propos qu'il juge indignes de la plus haute fonction de l'État.
Pour Richard Muyej, le contraste entre le moment choisi et la gravité des termes utilisés est particulièrement saisissant et regrettable pour la nation. *« C’est avec un profond regret que j’ai pris connaissance des déclarations offensantes tenues par le Président de la République à l’égard de son prédécesseur, dont chacun garde en mémoire la transition pacifique et exemplaire »*, a-t-il d'abord rappelé. Il déplore qu’une telle sortie survienne en pleine célébration de la Coupe du Monde, un moment de communion autour des Léopards qui aurait dû, selon lui, servir de ciment pour sceller l’unité nationale plutôt que de raviver les clivages.
L'ancien gouverneur a également insisté sur l'impact dévastateur que de telles déclarations peuvent avoir sur la société civile et les futures générations de citoyens. Selon lui, cette rhétorique présidentielle *« heurte la conscience collective et fragilise les repères moraux de notre jeunesse »*. Richard Muyej rappelle un principe fondamental de l'éthique républicaine : le chef de l’État se situant au premier rang de la sphère de référence, la dignité de sa fonction exige de fait une parole publique qui rassemble, inspire et éduque, plutôt qu’elle ne divise.
Au-delà de la simple condamnation de forme, Richard Muyej estime que cet incident traduit un problème beaucoup plus profond dans la gestion actuelle du pouvoir au sommet de l'État. Loin d'y voir un dérapage verbal isolé ou une formule malheureuse dictée par l'émotion du moment, l'homme politique y décèle une méthode bien ancrée. *« Force est de constater, avec une profonde inquiétude, que ce positionnement n’est plus un incident isolé, mais tend à devenir une constante de gouvernance »*, a-t-il martelé, ciblant directement la communication de l'actuel régime.
Cette prise de parole de Richard Muyej marque un tournant, illustrant la fin définitive de la complaisance et le retour au premier plan des figures de la famille politique de Joseph Kabila face aux attaques du pouvoir. En remettant en avant l'argument de la passation pacifique du pouvoir de 2019 — souvent qualifiée d'historique —, l'opposition cherche à fragiliser la posture de rupture radicale que tente d'adopter Félix Tshisekedi depuis le Texas. La fracture entre le Camp de la Patrie et les partisans de l'ancien régime semble désormais totale.
Alors que les Léopards continuent de porter haut les couleurs nationales sur le terrain de la Coupe du Monde 2026, la scène politique congolaise se fragmente à nouveau autour de ses éternels démons mémoriels. L'arène de Houston, initialement prévue pour être une vitrine de rassemblement patriotique, aura finalement agi comme un puissant révélateur des tensions internes de la RDC. Entre la quête de vérité historique revendiquée par les uns et l'exigence de décence républicaine réclamée par les autres, le débat est loin d'être clos à Kinshasa.
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