La visite du président Félix-Antoine Tshisekedi à Jérusalem ouvre une nouvelle étape dans les relations entre la République démocratique du Congo et l’État d’Israël. Reçu par le président Isaac Herzog, le chef de l’État congolais a affiché la volonté de renforcer une relation qui ne date pas d’aujourd’hui.
Les premiers contacts entre les deux pays remontent aux premières années de l’indépendance congolaise. En 1962, le président israélien Yitzhak Ben-Zvi s’était rendu à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, où il avait rencontré le président Joseph Kasa-Vubu. Cette période avait été marquée par des relations particulièrement chaleureuses.
La coopération ne s’était pas limitée à la diplomatie. Dans les années qui ont suivi l’indépendance, Israël avait notamment apporté une assistance médicale au Congo et participé à la formation de cadres congolais. Des Congolais avaient également bénéficié de formations techniques en Israël.
Mais cette proximité a connu une rupture en 1973. À la suite de la guerre du Kippour et dans un contexte de solidarité avec les pays arabes, le Zaïre de Mobutu avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël. Neuf ans plus tard, en 1982, Kinshasa et Tel-Aviv renouaient leurs relations, faisant du Zaïre l’un des premiers États africains à rétablir ses liens avec Israël après cette rupture.
Sous Mobutu, la coopération a notamment concerné les domaines militaire et sécuritaire. Cette période a laissé une empreinte importante dans l’histoire des relations entre les deux pays, même si les rapports bilatéraux ont ensuite connu des périodes de moindre intensité.
Avec l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, Kinshasa a progressivement cherché à donner une nouvelle dimension à cette relation. En 2020, le président congolais avait annoncé sa volonté de renforcer les relations diplomatiques avec Israël et d’accroître la présence diplomatique et économique congolaise dans le pays.
Aujourd’hui, cette volonté semble prendre une forme plus concrète. Lors de ses échanges avec Isaac Herzog et Benjamin Netanyahu, Félix Tshisekedi a évoqué plusieurs secteurs dans lesquels les deux pays souhaitent approfondir leur coopération : sécurité, défense, agriculture, infrastructures, énergie et hautes technologies.
La question sécuritaire occupe naturellement une place particulière pour Kinshasa. Le président congolais a évoqué devant son homologue israélien la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, alors que le pays cherche des réponses aux crises qui frappent cette partie de son territoire. Les deux dirigeants ont également échangé sur les grandes questions régionales et internationales.
Au-delà de la sécurité, les perspectives sont également économiques et sociales. Les discussions récentes portent notamment sur l’agriculture, l’eau, la santé, la sécurité alimentaire, les technologies, la formation et les investissements. Il s’agit donc de transformer une amitié diplomatique ancienne en une coopération davantage axée sur des résultats concrets.
Ainsi, de Kasa-Vubu à Tshisekedi, de Ben-Zvi à Herzog, l’histoire RDC-Israël a connu des rapprochements, des ruptures et des retrouvailles. La nouvelle ambition affichée à Jérusalem consiste désormais à écrire un nouveau chapitre : faire de ces liens historiques un partenariat moderne, structuré et mutuellement bénéfique, capable notamment de contribuer au développement de la RDC et à la recherche de solutions à ses défis sécuritaires.
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