RUTSHURU — L’Hôpital général de référence (HGR) de Birambizo, situé dans le groupement de Bukombo, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, a suspendu ses activités depuis jeudi 13 août 2026. Cette décision intervient après plusieurs arrestations de membres du personnel médical, que plusieurs sources locales attribuent à des militaires de l’AFC/M23 présents dans la région.
Selon des sources médicales, sécuritaires et de la société civile contactées dans la zone, la succession de ces arrestations aurait poussé plusieurs agents de santé à quitter l’établissement par crainte de nouvelles interpellations et d’éventuelles exactions.
Le cas le plus récent rapporté concerne Wema Jean-Paul, infirmier et directeur de nursing de l’HGR de Birambizo. Il aurait été arrêté mercredi 12 août par des militaires de la base de Rurere, située à l’ouest de Birambizo. Sa détention était encore signalée jeudi, selon les mêmes sources.
La veille, l’infirmier titulaire de l’aire de santé de Birambizo ainsi que deux vendeurs de médicaments auraient également été arrêtés. Des interlocuteurs locaux affirment que des sommes d’argent auraient été demandées en échange de certaines libérations. Ces allégations n’ont toutefois pas pu être vérifiées indépendamment.
Un autre cas concerne un enseignant de l’école primaire de Birambizo, identifié comme Innocent, qui aurait été arrêté le 7 août dans des circonstances présentées comme similaires.
Face à cette succession d’interpellations, le personnel de l’HGR aurait progressivement quitté l’établissement. Depuis jeudi matin, l’hôpital ne fonctionnerait donc plus normalement, privant une importante partie de la population locale de soins dans une zone où l’accès aux services sanitaires est déjà particulièrement difficile.
Cette suspension affecte notamment la prise en charge des urgences, des femmes enceintes, des nouveau-nés, des enfants malades et des patients nécessitant un suivi médical régulier. Dans un contexte de conflit armé et de déplacements de populations, l'interruption des activités hospitalières pourrait aggraver davantage la vulnérabilité des habitants.
Des sources locales rapportent également le départ de plusieurs familles de Birambizo. Certains habitants évoquent des craintes liées à de nouvelles arrestations et à d’éventuelles violences.
L’HGR de Birambizo n’est pas à sa première difficulté liée au conflit. En février 2023, l’établissement avait notamment été pillé, avec la perte de milliers de doses de vaccins ainsi que de médicaments et de matériels médicaux.
La zone de santé de Birambizo demeure fortement affectée par les conséquences du conflit armé dans le Nord-Kivu. En juin 2025, des affrontements impliquant le M23 et des groupes armés locaux avaient notamment provoqué des déplacements de populations dans plusieurs villages du groupement de Bukombo, dont Birambizo.
Face à cette situation, le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru appelle les organisations humanitaires, les Nations unies et les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de contribuer à la protection du personnel médical, des patients et des infrastructures sanitaires, mais aussi à créer les conditions nécessaires à la reprise des activités de l’hôpital.
La suspension des soins à Birambizo illustre ainsi les conséquences directes du conflit sur les services essentiels : au-delà des affrontements, ce sont les structures sanitaires et les populations civiles qui continuent d’en payer lourdement le prix.
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