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Dialogue en RDC : Le Révérend Paul Mukendi s’oppose fermement à une nouvelle concertation

Par Rédaction Jambo
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Le Révérend Paul Mukendi a récemment exprimé une position tranchée face à la multiplication des appels au dialogue politique en République Démocratique du Congo. Pour lui, la tenue d'une telle concertation ne représenterait pas une solution de sortie de crise, mais plutôt un retour en arrière, synonyme de maintien du pays dans un cycle de désordre institutionnel et politique préjudiciable à la stabilité nationale.

Au cœur de ses critiques, le Révérend vise explicitement la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et le Cardinal Fridolin Ambongo. Il leur reproche une proximité politique douteuse, allant jusqu'à qualifier la CENCO de « représentante officieuse » des intérêts de Paul Kagame et de Joseph Kabila sur le territoire congolais. Une accusation lourde qui témoigne de la profonde méfiance de certains secteurs de la société civile envers le clergé dans son rôle de médiateur.

L’argument central du Révérend Mukendi repose sur le respect strict du cadre légal. Selon lui, toute ambition de participer à la gestion de l'État doit impérativement transiter par les institutions officielles et le verdict des urnes. En prônant les élections comme seule voie légitime d'accession au pouvoir, il s'inscrit en faux contre les mécanismes de partage du pouvoir qui, par le passé, ont pu être perçus comme des dévoiements de la démocratie.

Pour l'homme d'Église, dialoguer avec des acteurs qu'il soupçonne de vouloir « saboter et renverser les institutions » est une stratégie vouée à l'échec. Il perçoit ces initiatives de dialogue comme des manœuvres dilatoires orchestrées par des forces hostiles au régime en place, visant à déstabiliser l'ordre constitutionnel actuel plutôt qu'à résoudre les défis sécuritaires et économiques auxquels le pays fait face.

Cette sortie médiatique illustre les fractures persistantes au sein de la sphère politique et sociale congolaise. La question du dialogue, perçue par certains comme une nécessité de cohésion nationale, est interprétée par d'autres, à l'instar du Révérend Mukendi, comme une menace directe contre la souveraineté et la stabilité des institutions élues, exacerbant ainsi les tensions déjà palpables.

La radicalité de ces propos souligne également le rôle complexe et souvent controversé des autorités religieuses dans la politique congolaise. Si la CENCO a souvent été un acteur clé des transitions et des processus de négociation, elle se retrouve aujourd'hui sous le feu nourri de critiques qui remettent en cause son impartialité et sa loyauté envers l'État face aux enjeux de sécurité nationale.

En rejetant toute table ronde, le Révérend Mukendi appelle à une posture de fermeté institutionnelle. Son discours, qui trouve écho auprès d'une partie de la population lasse des compromis politiques, pose un dilemme de taille pour les décideurs : privilégier la voie du consensus inclusif malgré les réticences, ou s'en tenir à une ligne dure au risque de maintenir une polarisation durable du pays.

En définitive, ces déclarations montrent que le climat politique à Kinshasa reste volatile, où la simple évocation d'un dialogue suffit à cristalliser les positions. L'appel au respect exclusif des institutions officielles, s'il est partagé par les partisans du statu quo, reste un sujet de débat intense dans une nation où la recherche de la paix passe, pour beaucoup, par une confrontation des points de vue plutôt que par l'évitement du dialogue.

*Pensez-vous que le rejet du dialogue politique par certains acteurs, au nom du respect strict des institutions, soit une stratégie viable pour pacifier durablement

la RDC ?*


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