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RDC 2028 : cinq scénarios politiques qui pourraient tout changer

Par Rédaction Jambo
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La République Démocratique du Congo vivrait, en ce milieu d'année 2026, l'une des périodes les plus incertaines de son histoire récente. Les élections générales prévues en 2028 — présidentielle, législatives, provinciales — se dessineraient dans un brouillard politique épais, alimenté par la guerre à l'Est, le débat constitutionnel, les retards de la Commission électorale et les ambitions non dissimulées du président Félix Tshisekedi. Selon Christian Moleka, analyste politique à la DYPOL, cité par Afrikarabia, « plusieurs scénarios plaident tous pour un maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi après 2028 ». Pourtant, d'autres issues resteraient possibles. Jambo News Channel vous propose un décryptage des cinq scénarios les plus plausibles.


SCÉNARIO 1 — Le référendum constitutionnel et le troisième mandat
Probabilité selon les analystes : élevée

Ce serait le scénario que redouterait le plus l'opposition congolaise et la communauté internationale. Lors de sa conférence de presse marathon du 6 mai 2026, Félix Tshisekedi aurait levé le voile sur ses ambitions en déclarant : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple le souhaite, j'accepterai ». Une formule soigneusement calculée qui, selon ses détracteurs, préparerait le terrain pour une révision de l'article 220 de la Constitution — celui qui fixe le nombre de mandats présidentiels à deux. 

Le Sénat congolais a adopté un projet de loi sur les référendums, déjà passé par l'Assemblée nationale. Pour l'opposition, cette réforme risquerait surtout de remettre les compteurs à zéro et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat après 2028. 

Pour que ce scénario se réalise, Tshisekedi devrait organiser un référendum, faire adopter une nouvelle Constitution, et convaincre — ou contraindre — la population à valider ce changement. Un pari risqué face à l'opposition des Églises catholique et protestante, du C64 et de la communauté internationale.


SCÉNARIO 2 — Le glissement électoral
Probabilité selon les analystes : très élevée

Ce serait le scénario le plus probable selon de nombreux observateurs. Le deuxième scénario, le plan B, serait celui du glissement : une prolongation du mandat au-delà de 2028 au nom du contexte sécuritaire. Tshisekedi tenterait de faire valoir le précédent ukrainien. 

« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 », aurait déclaré Félix Tshisekedi, liant ainsi explicitement le calendrier électoral à l'évolution du conflit à l'Est. 

Les signaux d'alarme s'accumuleraient sur le plan électoral. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) accumulerait les retards sur la cartographie électorale, l'enrôlement des électeurs et le financement du scrutin. Pour l'année 2025, seules 54% des sommes ont été versées par le gouvernement à la centrale électorale. 

Ce scénario du glissement rappellerait douloureusement 2015-2016, lorsque Joseph Kabila avait utilisé les mêmes arguments pour se maintenir au pouvoir — et que Félix Tshisekedi, alors dans l'opposition, manifestait dans les rues contre ce même glissement.


SCÉNARIO 3 — Le dauphinat
Probabilité selon les analystes : modérée

Resterait alors le plan C : le dauphinat. Installer un successeur issu de préférence du cercle familial. Pas une mince affaire comme le montrerait l'histoire congolaise récente. En 2018, Joseph Kabila avait tenté d'utiliser cette même ficelle pour installer Emmanuel Ramazani Shadary sur le fauteuil présidentiel. 

Ce scénario verrait Tshisekedi choisir un candidat de son camp pour lui succéder, tout en conservant une influence réelle sur le pouvoir depuis les coulisses. Un scénario à la Poutine-Medvedev que certains observateurs n'excluraient pas, bien que l'histoire congolaise ait montré que les dauphins ne restent pas toujours fidèles à leurs parrains.


SCÉNARIO 4 — L'alternance démocratique
Probabilité selon les analystes : faible mais possible

Ce scénario verrait les élections se tenir dans les délais constitutionnels de 2028, avec Tshisekedi contraint de ne pas se représenter, et l'un des candidats de l'opposition remporter le scrutin. Les candidats les plus susceptibles d'incarner cette alternance seraient Moïse Katumbi, Denis Mukwege ou Martin Fayulu.

Ce scénario serait rendu possible par une pression internationale suffisante — notamment des États-Unis, qui auraient déjà envoyé des signaux clairs en sanctionnant Joseph Kabila pour non-respect du calendrier électoral, « un signal envoyé à l'actuel président », selon un membre influent de la Chambre des représentants des États-Unis. 

Pour se réaliser, ce scénario nécessiterait une opposition unie autour d'un candidat unique, une CENI indépendante et financée, et une mobilisation citoyenne comparable à celle qui avait permis à Tshisekedi d'accéder au pouvoir en 2018.


SCÉNARIO 5 — La transition politique négociée
Probabilité selon les analystes : incertaine

Ce dernier scénario, le plus radical, verrait la situation politique se dégrader au point de rendre inévitable une transition politique négociée, sous l'égide de la communauté internationale. L'opposition réclamerait un dialogue national inclusif, mais Tshisekedi hésite à convoquer un tel dialogue car il constituerait une forme de retour politique des personnalités marginalisées et ramènerait Kabila et d'autres dans le jeu avec de possibles amnisties. 

Des personnalités comme le président kenyan William Ruto, médiateur régional reconnu, pourraient être appelées à faciliter un tel processus. Ce scénario reste le moins probable à court terme, mais deviendrait plus crédible si la situation sécuritaire à l'Est continuait de se dégrader ou si des troubles politiques majeurs éclataient à Kinshasa.


Ce que disent les experts

Selon Christian Moleka, analyste politique à la DYPOL, la guerre à l'Est, les retards de la Commission électorale, le manque de financement et un opportun débat sur une modification de la Constitution laisseraient penser que le président congolais pourrait rester dans son fauteuil au-delà du délai constitutionnel actuel.

Pour l'Institut de recherche Ebuteli, l'incertitude serait totale sur les scrutins à venir, entre une CENI sous-financée, un recensement qui prendrait des années, et l'articulation problématique entre l'identification de la population et le calendrier électoral.

Ce qui est certain, c'est que 2028 s'annonce comme l'année la plus décisive de l'histoire politique récente de la RDC. Entre maintien au pouvoir de Tshisekedi sous une forme ou une autre, alternance démocratique ou transition négociée, l'avenir du Congo se jouerait dans les mois qui viennent.

Jambo News Channel suivra de près l'évolution de la situation politique en RDC et vous tiendra informés de tout développement.


SOURCES :

  • Afrikarabia — afrikarabia.com
  • Afrik.com — afrik.com
  • AfrikMag — afrikmag.com
  • La Nouvelle Tribune — lanouvelletribune.info
  • Triomphe Mag — triomphemag.bj
  • AfricaNews RDC — africanewsrdc.net
  • Congovirtuel — congovirtuelinfo.com

 


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