#RDC : À Houston, Félix Tshisekedi s'en prend violemment au régime Kabila devant la diaspora
En marge de son séjour aux États-Unis pour soutenir les Léopards à la Coupe du Monde 2026, le Président Félix Tshisekedi a tenu un discours d'une virulence inédite devant la diaspora congolaise à Houston. Revenant sur les travers de l'histoire politique récente de la République démocratique du Congo, le chef de l'État a mis en garde ses compatriotes contre les erreurs du passé et les distractions collectives qui, selon lui, ont ouvert la voie aux agressions que subit le pays depuis trois décennies. Ses propos, sans filtre, ont immédiatement suscité une vive émotion et ouvrent un nouveau front politique.
Le Président a longuement insisté sur la transition tumultueuse de la fin des années 1990, une époque où l'impatience populaire face à la dictature avait, selon lui, aveuglé la nation. *« Nous étions distraits quand le régime de la Deuxième République avait pris fin. Nous avions dit : c’est bien, l’essentiel est qu’il prenne fin. Même un chien peut venir nous diriger. Faites très attention à ces déclarations. Nous avions ouvert la voie à l’ennemi »*, a martelé Félix Tshisekedi devant une assistance suspendue à ses mots, rappelant le coût historique de ce laisser-aller.
Poussant sa diatribe plus loin, le chef de l'État a ouvertement évoqué l'infiltration étrangère et l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001, avant de s'en prendre de manière frontale à son successeur, Joseph Kabila, sans toutefois le nommer directement. *« Les ennemis sont entrés et nous étions distraits. Ils ont même éliminé un compatriote qui était à la tête du pays. Ils ont installé au pouvoir leur chien qu’ils pouvaient manipuler »*, a-t-il déclaré. Cette formule, particulièrement r rude, marque une rupture totale et définitive avec l'ancien régime, qualifié ici d'instrument des puissances ennemies de la RDC.
Cette sortie ultra-offensive à Houston intervient dans un contexte de haute tension sécuritaire et politique au pays, alors que l'Est de la RDC demeure en proie aux attaques du M23 soutenu par le Rwanda. En qualifiant l'ancienne gouvernance de marionnette des forces extérieures, Félix Tshisekedi cherche manifestement à tracer une ligne rouge historique entre son pouvoir actuel, qu'il présente comme résistant et souverain, et les vingt années précédentes, qu'il assimile à une période de manipulation et de soumission aux agendas étrangers.
Sur le plan intérieur, ces déclarations risquent de crisper davantage l'espace politique congolais et de provoquer des réactions virulentes de la part du Front commun pour le Congo (FCC), la famille politique de Joseph Kabila. Alors que la nation tente de se rassembler derrière l'unité nationale et l'effervescence du Mondial, le président choisit de raviver les fractures mémorielles pour remobiliser la diaspora. Pour ses partisans, c'est le langage de la vérité ; pour l'opposition, il s'agit d'une rhétorique clivante qui cherche à rejeter les difficultés actuelles sur le bilan du passé.
Au-delà de la ferveur sportive qui entoure la présence congolaise au Texas, Houston restera donc le théâtre d'un tournant discursif majeur pour Félix Tshisekedi. En appelant la diaspora à une vigilance absolue face aux "distractions", le chef de l'État rappelle que la bataille pour la souveraineté de la RDC se joue autant sur le terrain de la mémoire politique que sur le front militaire. Reste à savoir comment ces propos textuels, d'une dureté rare dans la bouche d'un chef d'État en fonction, résonneront à Kinshasa dans les jours à venir.
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