Dans une déclaration exclusive qui fait grand bruit au sein de la classe politique congolaise, Constant Mutamba a relaté, devant la Cour de cassation, les conditions pour le moins atypiques dans lesquelles il a été auditionné. Le leader politique, actuellement hospitalisé, a qualifié la visite de trois magistrats à son chevet de véritable « fiasco procédural », remettant en cause la dignité et la légalité de l’acte d’instruction mené en ces circonstances.
Le récit de Mutamba peint un tableau frappant d'une justice qui semble s'être affranchie des usages. « J’ai reçu trois magistrats dans ma chambre d’hôpital. Je ne pouvais même pas parler. Ils m’ont trouvé pratiquement en tenue d’Adam, en train de recevoir mes traitements », a-t-il confié, soulignant l’incongruité de la scène. Une telle intrusion dans l'intimité d'un patient, qui plus est affaibli par la maladie, soulève des questions éthiques majeures sur le respect des droits de la défense.
Au-delà de la forme, c'est le fond de l'échange qui suscite l'indignation de l'accusé. Constant Mutamba affirme que les questions posées par les magistrats étaient totalement déconnectées des faits inscrits dans la citation à comparaître. Cette dérive, selon lui, témoigne d'une volonté de détourner la procédure de son objet initial, transformant une affaire judiciaire en une opération aux contours flous.
Fidèle à sa posture, il a choisi de garder le silence face à ces interrogations hors sujet. « Je n’y ai d’ailleurs pas répondu », a-t-il martelé devant la haute cour. Ce mutisme stratégique traduit sa méfiance vis-à-vis d'une procédure qu'il juge biaisée et dépourvue de fondements juridiques solides.
La vigilance de Mutamba se porte désormais sur l'écrit, le seul élément qui pourra être opposable devant les juges lors des prochaines étapes du procès. « J’attends d’accéder au procès-verbal pour voir ce que le greffier a repris », a-t-il précisé. Il craint manifestement que les retranscriptions des échanges ne soient enjolivées ou manipulées pour donner une apparence de légalité à cette audition controversée.
Cette sortie médiatique, faite en pleine Cour de cassation, fragilise davantage l'image de cette procédure. En dénonçant publiquement ces méthodes, Constant Mutamba ne se contente pas de se défendre ; il interpelle l'opinion nationale sur l'indépendance et la déontologie du corps judiciaire. Reste à savoir quelle suite la Cour donnera à ces graves allégations dans un dossier qui devient chaque jour un peu plus politique que juridique.
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