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RDC : Le Recadrage Historique d'Arlette Odia Face au Projet de Changement Constitutionnel

Par Rédaction Jambo
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La charge politique est d'une rare violence symbolique, et elle vient directement bousculer la rhétorique du pouvoir en place. Arlette Odia, cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), est montée au créneau pour démonter point par point les arguments des partisans d'une révision constitutionnelle. En convoquant la mémoire du sphinx de Limete, l'opposante a rappelé qu'Étienne Tshisekedi n'avait jamais conditionné l'accession au pouvoir de l'UDPS à un changement de la Loi fondamentale, une démarche qui reviendrait, selon elle, à « faire l’apologie de la violence » et à piétiner le principe universel de la continuité de l’État.

Pour appuyer sa démonstration, Arlette Odia a brandi une citation historique d'Étienne Tshisekedi, rappelant la doctrine originelle du parti présidentiel : « À l’UDPS, nous respectons les textes, même quand nous ne les avons pas signés ». En opposant la rigueur morale du père spirituel de l'UDPS aux velléités actuelles du régime de son fils, Félix Tshisekedi, la figure du PPRD met le pouvoir face à ses propres contradictions. Elle dénonce un reniement des valeurs fondatrices de la lutte pour la démocratie en RDC.

La juriste de formation pose ensuite une question de fond qui interroge la science politique congolaise : depuis quand et dans quel pays l’élaboration d’une Constitution devient-elle le projet de société d’un parti politique ? Pour étayer son propos, elle rappelle que les grandes lois fondamentales de l'histoire du pays n'ont jamais été l'apanage d'une seule famille politique. La Constitution de 2006 n’a jamais été l’œuvre exclusive ni l’initiative du PPRD, tout comme celle de 1967 n’était pas l’initiative unique du MPR sous Mobutu, soulignant que la Loi fondamentale doit impérativement rester le fruit d'un consensus national.

À ce stade de la crise, Arlette Odia estime que le débat dépasse largement le clivage traditionnel entre les partisans et les opposants au changement constitutionnel. Selon elle, la République Démocratique du Congo est entrée dans une phase de rupture civilisationnelle. Le pays fait désormais face à un choix binaire et crucial : « Il s’agit du combat entre la barbarie et le droit chemin », une formule choc destinée à diaboliser l'initiative présidentielle et à mobiliser la conscience collective de la population.

Le cœur de son argumentaire repose sur une distinction stricte entre les institutions étatiques et les structures partisanes. La cadre du PPRD rappelle avec force qu'une nation ne peut être gérée comme une simple association privée ou un club politique. « La RDC n’est pas un parti politique, pour lequel les dirigeants s’autoriseraient de changer les statuts à leur guise », a-t-elle martelé, fustigeant une tendance à la patrimonialisation de l'État où le droit est malléable selon les intérêts du prince du moment.

En concluant par cette formule lapidaire : « La RDC est un pays ! », Arlette Odia trace une ligne rouge infranchissable pour l'opposition. Ce positionnement rigide du PPRD, rejoignant la posture de la CENCO et d'autres forces vives, annonce un durcissement extrême du climat politique. Alors que le régime Tshisekedi semble déterminé à mener à bien sa réforme, la résistance s'organise autour de la défense de l'ordre constitutionnel de 2006, transformant ce débat juridique en une véritable ligne de front pour la survie démocratique de la nation.


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