Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, vient de jeter un pavé dans la mare politique congolaise en abordant de front les dérives attribuées à la « Force du Progrès ». Cette structure, souvent qualifiée par les critiques de branche violente du parti présidentiel, est aujourd’hui au centre d’une stratégie de défense rigoureuse. Selon le haut cadre de l'UDPS, les actes de vandalisme et de désordre récemment enregistrés ne sont pas le fait de ses militants, mais résultent d'une manipulation orchestrée en coulisses.
La cible de cette contre-offensive rhétorique est clairement identifiée : le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila. Augustin Kabuya affirme sans détours que des jeunes issus de cette formation de l’opposition ont infiltré la Force du Progrès. L’objectif de cette manœuvre présumée serait de commettre des exactions sous couverture afin de diaboliser le régime actuel et de ternir méthodiquement l’image de marque du président Félix Tshisekedi.
Pour appuyer sa démonstration, le chef du parti au pouvoir invoque une logique de bon sens face aux flagrants délits constatés dans la capitale. Selon lui, il est invraisemblable qu’un véritable militant de l’UDPS commette des vols à main armée ou des pillages en plein jour tout en arborant ostensiblement les insignes et le polo officiel du parti. Cette mise en scène grossière serait, à l'en croire, la preuve irréfutable d'un sabotage politique destiné à être immortalisé par les caméras.
Le diagnostic d'Augustin Kabuya va bien au-delà du simple fait divers et pointe une machination politique à l’échelle nationale et internationale. En simulant des violences sous les couleurs de la majorité, ces présumés infiltrés chercheraient à ancrer une idée bien précise dans l'opinion publique : celle que le chef de l’État entretient une milice privée à sa solde. Une stratégie de communication adverse qui vise à fragiliser les fondements démocratiques que le parti présidentiel prétend incarner.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat général de ras-le-bol de la population kinoise face aux exactions répétées de divers groupes de jeunes se réclamant du pouvoir. En rejetant la responsabilité sur l'ancien régime, la direction de l’UDPS tente de d'éteindre l'incendie et de dépolitiser les dérives sécuritaires qui lui sont reprochées. Cette posture vise à dissocier le comportement des groupuscules de rue de la ligne officielle tracée par le sommet de l'État.
Face à ces accusations d'infiltration, le débat reste entier sur la capacité de l'UDPS à encadrer et à discipliner sa propre jeunesse. En pointant du doigt le PPRD, Augustin Kabuya relance la guerre des tranchées entre les deux anciens partenaires de la coalition FCC-CACH. Reste à savoir si cette ligne de défense convaincra les observateurs et la justice, alors que la pression sociale exige des sanctions concrètes contre tous les auteurs de troubles, peu importe la couleur de leur
polo.
Réactions (0)
Laissez un commentaire
Soyez le premier à réagir à cet article.